Le joint ne coûte presque rien, le dégarnissage coûte tout
Le mortier de chaux représente une part marginale du prix d'un rejointoyage. Ce qui coûte, c'est le temps passé à retirer l'ancien joint sans blesser la pierre.
Un joint de chaux ancien, tendre, se dégarnit à la gouge relativement vite. Un joint ciment des années 70, lui, est plus dur que le grès qu'il enserre : il se retire millimètre par millimètre, à la main, sans jamais élargir le joint à la meule. Le rapport de temps entre les deux va facilement de un à trois.
Ce qu'on regarde pendant le relevé
La nature du joint existant, d'abord. Puis l'état de la pierre : un mur dont les arêtes sont déjà épaufrées demande un travail plus lent, plus prudent. Ensuite l'accès — un pignon en hauteur impose un échafaudage qui pèse parfois plus lourd que la maçonnerie elle-même.
Enfin, l'exposition, qui détermine le dosage du mortier et la fenêtre de chantier possible. On ne rejointoie pas un mur nord en octobre.
Pourquoi je ne donne pas de prix par téléphone
Parce qu'un prix au mètre carré donné à l'aveugle est faux dans les deux sens : soit il est gonflé pour couvrir le risque, soit il est trop bas et le chantier se dégrade en cours de route.
Je viens voir le mur, je sonde, je chiffre. Le relevé est le devis — le reste n'est que de l'arithmétique.
